You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L'empereur Overall dirige en dictateur l'État corrompu de l'Atlantis. Il décrète la guerre généralisée. Mais la Mort proteste et refuse de remplir sa tâche. L'empereur a beau donner des ordres, s'agiter dans tous les sens, rien n'y fait, ni les batailles, ni les épidémies ne font plus de victimes. Il n'y a ni bulletins de victoire ni de défaite. L'empereur, impuissant, assiste à la débâcle de l'ordre social. Comprenant sa faute, il finit par s'adresser à la Mort pour la supplier de revenir parmi les hommes. Celle-ci consent à remplir à nouveau sa mission à une condition : que le dictateur accepte d'être sa première victime.
Tel est l'argument très résumé de l'opéra, L'empereur d'Atlantis ou le refus de la mort1, musique de Viktor Ullmann et livret de Petr Kien, qui pose la nécessité de la mort, afin que soit respecté l'ordre de la vie. Cette allégorie est loin de présenter tout l'intérêt de cette œuvre indissociable des circonstances dans lesquelles elle a été conçue.
Fin 1941, les nazis implantèrent un camp très particulier, à 60 km de Prague, Theresienstadt. Servant de vitrine pour l'opinion internationale, ce camp connaissait une vie culturelle très intense, plus particulièrement musicale, sans équivalent dans le IIIe Reich. C'est là que Viktor Ullmann, élève de Schönberg, composa, dans l'urgence et dans l'angoisse, cette œuvre, insolente, provocante, qui devait être présentée à l'automne 1944. La première n'eut jamais lieu du fait des déportations massives vers Auschwitz en octobre. Ullmann ne put jamais entendre son œuvre car lui aussi fut transféré à Auschwitz où il mourut. Heureusement il put transmettre la partition à un ami qui survécut à l'Holocauste. Cette œuvre retrouvée à Londres fut créée en 1975 et présentée à Berlin en 1989.