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Ces deux récents ouvrages sont à lire en contrepoint, selon une métaphore musicale qui ne déplairait pas à l'auteur, tant ils sont complémentaires. Le premier se présente en effet comme un journal de bord du psychanalyste, alternant une ou plusieurs séquences de séances avec des commentaires, notes ou apartés. Le second est un recueil de textes théoriques s'échelonnant sur plusieurs années.
Mais de fait, cette division, plus exactement cette pulsation entre moments cliniques et moments d'élaboration théorique, se retrouve à l'intérieur de chaque ouvrage, avec des pondérations différentes. Il y a donc là rassemblée la substance d'une expérience déjà fort longue, mais qui n'a cessé de s'interroger et de remettre en question ce qui pouvait paraître acquis, dans une recherche exigeante de ce qui se joue dans la relation psychanalytique, de ses adjuvants et de ses obstacles, du ressort enfin de son efficience.
Dans cette matière fort riche, nous soulignerons la récurrence de deux thèmes chers à l'auteur : celui de la temporalité, et celui de la différence des sexes. La temporalité prend bien des figures dans le quotidien du psychanalyste. Celle par exemple du « moment opportun », moment de l'interprétation. Comment le définir, comment le repérer ? Ce sont là des questions importantes. Mais aussi, et surtout, comment le susciter, comment le préparer ? (L'imparfait…, p. 63). L'inconscient, selon Freud, ignore le temps. Mais ce serait, commente l'auteur, une grave erreur que de penser le temps de la psychanalyse comme celui de l'inconscient. A ce courant intemporel dont l'inconscient est affecté, il convient, dit-elle, de rapporter