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Voici le second ouvrage d'Annette Thomé-Renault. Le premier, écrit en collaboration avec Marion Peruchon, traitait des « destins ultimes de la pulsion de mort » dans le processus de vieillissement.
Dans celui-ci, Annette Thomé-Renault, médecin psychiatre à Grenoble et psychanalyste, propose à partir de sa pratique le fruit de réflexions sur les liens entre psychosomatique et sida. Il s'agit d'un ouvrage clair, tant par le style que par le mode de présentation, très pédagogique, qui permet de suivre l'auteur dans le déroulement logique de ses élaborations. Elle commence par un parcours théorique qui, pour être concis, n'en est pas moins bien argumenté, et se soucie de garder les liens avec la clinique. Puis elle rend compte de l'intérêt de la psychothérapie de relaxation avec des patients séropositifs, pour favoriser une réorganisation psychosomatique, ou tout au moins pour leur permettre la psychisation de leur détresse, avant d'illustrer ses propositions par la présentation de deux histoires de patients suivis en relaxation. L'intérêt de l'ouvrage tient à cette articulation entre théorie et pratique, et au souci d'utiliser la compréhension du fonctionnement psychique des patients pour un meilleur aménagement des soins et de l'aide à leur proposer, dès l'annonce du diagnostic.
C'est en effet sur le traumatisme que constitue l'annonce de la séropositivité que l'auteur centre sa recherche. Elle utilise le modèle théorique élaboré par Pierre Marty et l'École psychosomatique de Paris, et les travaux de Benno Rosenberg sur le masochisme, pour comprendre le fonctionnement psychique de patients atteints du sida.
Bien que l'infection par le VIH ne puisse être considérée comme une maladie