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Pour tenter de cerner en quelques mots les intentions d'André Green concernant la publication de ses entretiens avec Manuel Macias sous le titre Un psychanalyste engagé, je m'appuierai sur les propos suivants tenus par l'auteur: « Ce qui est important, ce n'est pas la succession des succès ou des échecs, c'est le parcours » (p. 67); « A la question “Pourquoi écrivez-vous?”, la réponse spontanée qui m'était venue était: “Pour témoigner” » (p. 188).
Ce sont, en effet, les mots parcours et témoignage qui me semblent les maîtres mots de ce récit autobiographique dont l'une des qualités, et non des moindres, est qu'il s'inscrit d'emblée comme un document qui apporte une contribution précieuse à l'histoire des institutions psychiatriques et psychanalytiques, à leurs rapports, non seulement entre elles, mais aussi au champ culturel et aux débats de fond animés par certains intellectuels et représentants de la pensée de ces quarante dernières années, en France.
Acteur engagé dans les événements marquants et les grands débats théoriques qui animent la scène psychanalytique française depuis le début des années soixante, André Green apporte ici, avec le ton narratif incisif et vivant qu'on lui connaît, un témoignage qui, du point de vue de l'histoire de la psychanalyse, ne saurait désormais être ignoré.