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Voilà un titre modeste pour un grand ouvrage. En effet Correspondance doit être compris dans son sens étymologique car ces deux grands épistoliers que furent Freud et Romain Rolland n'échangèrent que très peu de lettres, quelques ouvrages, et ne se virent qu'une fois. Mais autour de ces quelques échanges, c'est une vaste et foisonnante fresque que Madeleine et Henri Vermorel proposent, pour montrer comment se tissent l'histoire individuelle et l'histoire collective dans la genèse des grandes œuvres, comment les œuvres des uns résonnent dans l'œuvre des autres.
A travers les échanges de deux témoins exceptionnels de leur époque, il montre la place spécifique de la psychanalyse dans l'histoire de la culture occidentale.
Nous sommes probablement quelques-uns à avoir rencontré Romain Rolland, adolescents identifiés ou soutenus par le souffle de Jean-Christophe, Annette ou Beethoven, puis adultes Sigmund Freud et la psychanalyse, ignorants de leurs échanges et de l'influence qu'ils eurent l'un sur l'autre. Pour ceux-là, l'ouvrage de Madeleine et Henri Vermorel peut être accueilli comme un message privé, permettant même un moment d'auto-analyse éclairant le trajet qui mène d'une jeunesse militante idéaliste au fauteuil du psychanalyste.
Les biographies des deux hommes qui forment la trame de l'ouvrage nous entraînent dans le paysage culturel et politique européen de la fin du siècle dernier, aux prémices de la deuxième guerre mondiale.
Nous voyageons ainsi de Freiberg à Paris, de la « Vienne fin de siècle » au Paris 1900, du pangermanisme à l'affaire Dreyfus, passant bien évidemment par