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Huit ans déjà ! Le printemps commençait, plutôt timidement d'ailleurs. Je venais d'être élu directeur de la Revue française de psychanalyse avec pour mandat express de la redresser et de la développer ; mon Comité de rédaction constitué, il nous fallut constater que nous devions, dans l'urgence et à partir de rien, concevoir et réaliser notre premier numéro. Son thème, nous le voulions signifiant notre volonté de nous ressourcer et affirmant notre spécificité ; ce fut « La pratique fondamentale de la psychanalyse ». Puis les numéros se succédèrent, jusqu'à celui-ci. Chacun d'eux était une aventure à recommencer, avec d'autres rédacteurs et d'autres auteurs que le précédent, avec d'autres questions et d'autres incertitudes qui se dévoilaient progressivement. Ce fut passionnant ; ce le fut pour moi comme pour Gérard Bayle et Jean Cournut, mes directeurs adjoints, ce le fut aussi - si je les en crois - pour tous les membres du Comité de rédaction. Cela représenta beaucoup de travail pour chacun, mais nous en étions largement récompensés par l'accueil favorable que vous autres, lecteurs toujours plus nombreux, réservèrent à notre Revue, témoignant de ce que nous avions rempli la tâche de redressement et de développement pour l'accomplissement de laquelle le Conseil d'Administration de la Société Psychanalytique de Paris et son Bureau nous avait appelés. Quitte à paraître candide, je dirai que ce furent là huit années heureuses.
Alors, pourquoi avoir choisi de me retirer ? Certainement pas par lassitude. Simplement, je pense qu'il est sain pour une revue de cette importance de se renouveler périodiquement - et cela doit commencer par ceux qui assument les responsabilités de sa direction. En outre, et plus égoïstement, je trouve salutaire pour ceux-là mêmes de savoir renouveler leurs activités, surtout si tout va bien. En somme, pour soi et pour les autres, il convient de savoir partir et d'en percevoir le moment. Je vous quitte donc, chers amis, rédacteurs et lecteurs de