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L'amour, les mots, l'analyse… quelle nécessité les conjugue? Que l'on évoque l'amour sous l'angle du contre-investissement par rapport à la haine première, ou sous celui de la liaison, en opposition à la déliaison, on définit un mode de relation psychique qui prend ses distances avec l'inconscient. Éros, ce « grand rassembleur », est-il pour autant l'adversaire de l'analyse? Ce serait oublier qu'Éros est aussi celui « qui délie, qui rompt les membres ». Qu'est-ce qui rapproche et différencie le « tout dire » de l'analyse du « tout se dire » de l'amour? Le « plus intime » est maintenu par l'analyse, par les refus de satisfaction qui en constituent les conditions d'exercice, dans le champ de la parole : tout dire, rien que dire. Et si cette limitation, loin d'en être une, jouait le rôle inverse d'une source d'excitation, peut-être inégalable?