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Paru chez Dunod1, sous la direction de Jean Cournut; Psychanalyse et sexualité. Questions aux sciences humaines, avec des textes de J. Cournut, P. Denis, G. Diatkine, E. Enriquez, M. Gagnebin, M. Godelier, L. Kahn, P. Loraux. En « bonnes feuilles », la RFP propose cet extrait de l'introduction :
Même quand leur bonne foi est totale, on voit des penseurs buter sur cette question de la sexualité telle que la pose la psychanalyse. Un exemple extrême en est repérable chez Lévinas. Dans un chapitre intitulé « La souffrance inutile » (E. Lévinas, 1993), ce philosophe propose une compréhension de la passivité qui est vertigineuse de finesse et d'authenticité. Il dénonce toutes les manœuvres qui consistent à fuir ce qui, conceptuellement et… dans la pratique, est au cœur de la passivité, et à réduire celle-ci à n'être qu'une activité à l'envers, une non-activité. Il montre la passivité dans la souffrance « plus profondément passive que la réceptivité de nos sens qui est déjà activité d'accueil, qui d'emblée se fait perception » (p. 101 et s.). Et encore : « Le mal de la douleur, la nuisance même, est l'éclatement et comme l'articulation la plus profonde de l'absurdité. » En quête désespérée de sens, on traque des explications: acquisition de sagesse, valeur pédagogique, expiation, dette, et même la maladie de l'amour.
Mais Lévinas s'arrête au bord de l'idée d'une liaison, pensable et parfois utile, de la douleur et du plaisir. Il évoque « la souffrance qui illumine » et celle qui est recherchée par les personnages de Dostoïevski, mais le mot « masochisme » n'est pas prononcé. Or c'est bien pourtant ce masochisme qui pose une énigme, celle que Freud théorise en conceptualisant, en deçà des perversions et commun à tous les individus, un noyau masochique intégrateur des liaisons plaisir-douleur et réciproquement.
Lévinas ne pouvait aller jusque-là, sans doute parce que, parlant de la souffrance inutile, il désignait Auschwitz. A contrario, on se souvient du caractère scandaleux d