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Dans son livre La bouche de l'inconscient, Michel de M'Uzan poursuit sa démarche de pensée déjà exposée dans un précédent recueil de textes intitulé De l'art à la mort. L'auteur y développait des thèmes qui nous ont familiarisé avec son mode de penser et ses signifiants fondamentaux. Il comparait notamment structures œdipiennes et structures non œdipiennes : les unes, ressortissant du registre de la castration, sont soumises à une évolution qui procède par mutation, elles s'engagent dans le processus analytique par le biais de la névrose de transfert. Les autres obéissent aux lois évolutionnistes ; la répétition qui les caractérise, mise en évidence à travers des transferts, est de l'ordre de l'identique et n'a aucune valeur mutative. A côté des aléas de la relation d'objet qui domine les problématiques œdipiennes, M. de M'Uzan a mis l'accent sur l'étude du narcissisme. Les signifiants utilisés ne sont plus les mêmes et il étudie et questionne tout spécialement la notion d'identité. Il s'intéresse surtout au quotidien de l'analyse, aux moments de surprise, de surgissement de l'affect, voire aux moments fugaces de dépersonnalisation, il confère à tout ce qui ébranle le sentiment d'identité une nouvelle portée. Loin d'être nuisibles, ces mouvements lui semblent des voies d'exploration et des possibilités d'accéder à une connaissance plus profonde et plus vraie de chacun. De M'Uzan nous fait changer la notion confortable d'identité basée sur l'intégration d'un certain nombre d'identifications pour celle de « spectre d'identité ». Il privilégie ainsi le mouvement, la trajectoire, le devenir, plutôt que la permanence, l'inamovibilité.
Du même coup, M. de M'Uzan a défini un fonctionnement particulier de l'analyste pendant la séance : c'est « le système paradoxal » qui découle de