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Critique et essayiste, Tzvetan Todorov est né en Bulgarie où il a fait des études supérieures avant de venir s'établir en France et y poursuivre sa formation par un doctorat de troisième cycle puis un doctorat d'État. Entré au CNRS en 1968, il y est actuellement directeur de Recherches, section philosophie. Son champ de réflexion est vaste puisqu'il porte sur la théorie littéraire, l'histoire de la pensée et l'analyse culturelle ; il a publié une vingtaine d'ouvrages, dont Théories du symbole, Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage, Nous et les autres, Face à l'extrême, Les morales de l'histoire, Éloge du quotidien, pour n'en citer que quelques-uns.
Le dernier livre qu'il nous propose traite d'anthropologie générale, science qui se situe, nous dit Todorov, « à mi-chemin entre sciences humaines et philosophie, sans s'opposer ni à l'une ni aux autres, en constituant bien plutôt un pont leur permettant de se rejoindre, ou un espace intermédiaire facilitant leur articulation ».
Dans son ouvrage, l'auteur fait largement appel à la philosophie, à la littérature et à la psychanalyse - sans d'ailleurs se priver d'en critiquer certains aspects - pour mieux cerner le point clé qui transforme l'animal humain en être humain : c'est, dit-il, la reconnaissance, au sens « d'être reconnu par les autres », qui marque « l'entrée de l'individu dans l'existence spécifiquement humaine ».
Il s'agit donc de démontrer, entre autres, la préséance et la primauté de la relation d'objet sur toute autre possibilité et notamment sur la pulsion. Pour ce faire, Todorov se propose d'étudier non pas comme le fait d'habitude l'anthropologie, « la place de l'homme dans la société mais, à l'inverse, celle de la société dans