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Un beau titre dont les références implicites se déploient au cours de la lecture de ce n° 10 de la revue Apertura. Il s'agit en effet de l'amour du transfert et non de transfert. Ce n'est donc pas d'une forme particulière de l'amour au cours de la cure dont il est question, mais des possibilités d'expression d'Éros en général: l'amour du transfert comme nécessaire au transfert de l'amour. Ainsi le transfert apparaît comme synonyme de mouvement, de déplacement d'une représentation à une autre, d'un signifiant à l'autre, d'un sujet vers l'autre. Et si les conditions de la cure le rendent « analysable », hors d'elle il est seulement « analysant », s'exprimant quotidiennement dans nos fantasmes et réalisations qui viennent traduire la recherche d'un sens à l'énigme qu'il révèle : aimer serait supposé chez l'autre le savoir de ce que nous sommes.
Le rapport dialectique d'un transfert analysant et d'un transfert analysable au cours de la cure, proposé par Moustapha Safouan dans son livre Le transfert et le désir de l'analyste, est développé sous la forme d'un débat avec l'auteur. Cet échange permet de rappeler que le transfert chez Lacan est triangulé par sa référence au manque comme effet du langage. Le patient et l'analyste, tous deux pris dans l'ordre symbolique, partagent donc ce manque qui fait qu'au désir de savoir du premier correspond le désir du second qui se soutient de sa propre frustration1. Cette dimension partageable fait ainsi du transfert ce quelque chose tendu entre deux désirs de savoir qui s'articulent et se différencient autour de la