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Dans cet article, notre collègue israélienne envisage les difficultés qu'ont les enfants des survivants de l'Holocauste avec l'amour. Elle explore la relation entre processus de deuil et capacité de tomber amoureux. Si elle qualifie de « normal » le deuil qu'implique pour tout humain le fait de grandir et de se séparer, afin de pouvoir créer des liens amoureux, elle relie au deuil dénié chez les parents survivants le risque d'atrophie de la capacité d'aimer à la génération suivante. Citant plusieurs auteurs, elle note, chez ces enfants, une tendance à se cramponner à leurs parents endeuillés et émotionnellement distants ; ils ne peuvent s'en détacher, comme s'ils craignaient de détruire ces parents perçus comme incapables de faire face à une perte de plus. Et bien sûr, ce serait avec la mère endeuillée que l'impossibilité de se séparer serait la plus forte ; l'identification est la défense alors utilisée, qui court-circuite la rage, éprouvée mais inacceptable, quand elle se confronte à une mère ainsi endommagée ; cette identification peut amener le descendant à re-vivre la vie du parent, sous le double registre victime-persécuteur.
L'auteur rapporte une observation clinique pour illustrer ses thèses, puis élargit le champ de son étude ; lorsqu'elle propose que le processus de deuil dit « normal » conditionne la capacité d'aimer, on évoque, bien sûr, la phase dépressive décrite par Melanie Klein, où l'objet étant dorénavant perçu comme total, on doit en prendre soin… Dans l'exemple qu'elle décrit, la mère peut être considérée comme une « mère morte » (elle cite Green), « qui n'aurait pas ressenti ses propres sentiments de deuil et de culpabilité, n'aurait pu les “contenir” et les aurait projetés à l'intérieur de sa fille ; celle-ci aurait introjecté ces sentiments (feelings) à une époque de la vie où les mécanismes d'introjection-projection dominent, expérimentant les traumatismes d