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Sait-on que ce fut le comte de Mirabeau qui introduisit le verbe scinder dans son acception moderne, c'est-à-dire, en parlant de choses abstraites ou de groupes : « diviser, couper » ?
Scission, à cette époque, est entendu comme schisme. Ces termes viennent de la racine indo-européenne (skeid-) qui désigne l'action de fendre et se retrouve dans schizo-.
Il est intéressant de savoir que l'idée d'anarchie, rattachée au mot schisme au xiie siècle, a maintenant disparu du sens courant mais peut-être pas, si souvent, des esprits. Ainsi Saint-Simon définira le mot schisme, en parlant de la société civile, comme d'une division qui survient à l'intérieur d'un groupe organisé. Le civil semble alors moins chargé de passion que le religieux.
La revue Topique publie là un numéro passionnant car il « travaille » ce qui est en nous comme de l'inconnu, du méconnu ou des traces mnésiques chargées de mystères et d'héritages souvent mythifiés.
Malcom Pines signe l'article « La dissension dans son contexte: schismes dans le mouvement psychanalytique ». Ce texte a le mérite de rendre compte des mouvements psychanalytiques outre-Atlantique que nous connaissons mal. Il s'accompagne d'une réflexion sur l'appartenance au groupe et aux sous-groupes et les théories qui sous-tendent les tendances schismatiques. L'auteur expose l'histoire du mouvement psychanalytique et de ses scissions. Il porte son œil critique sur la solution non schismatique des grandes controverses de 1941-1944 à Londres, opposant le groupe kleinien londonien au groupe viennois immigré et mettant à contribution les qualités de tiers du Middle Group anglais. Riccardo Steiner cité par l'auteur pense que c'est le développement de la position infantile dépressive par Melanie Klein qui parvint à introduire des valeurs et des attitudes qui évitèrent le clivage. A quelles conditions les lions peuvent-ils rugir? est le propos de Malcom Pines. L'univoque et le dialogique sont là pour la vision bifocale de l'autre.
Mauricio Abadi n'écri