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La correspondance entre Freud et Ferenczi, dont le second tome vient de paraître chez Calmann-Lévy, retrace des échanges passionnés et recèle le pouvoir de déclencher des réflexions non moins passionnées. Un effet de celles-ci est apparu dans le Bulletin de la Société psychanalytique de Montréal (vol. 8, n° 1) sous la forme d'une « Lettre inédite de Freud » que nous reproduisons plus loin2.
Nous connaissons par Ernest Jones les circonstances de la dernière rencontre entre Freud et Ferenczi, à l'occasion du Congrès de psychanalyse qui eut lieu à Wiesbaden au début du mois de septembre 1932. On en trouvera le récit au troisième tome de La vie et l'œuvre de Sigmund Freud, pages 197 à 199. Jones cite des extraits d'une lettre de Freud envoyée à Ferenczi le 2 octobre 1932, où Freud fait, amèrement, le constat du désaccord qui les oppose et parle « d'animosité » de Ferenczi à son égard. Voici d'abord l'intégralité de cette lettre, partiellement inédite, telle que l'a reçue Ferenczi, dans la traduction de Judith Dupont :
Prof. Dr Freud
Vienne, LX. Berggasse 19
le 2 octobre 1932
Cher Ami,
Votre lettre contient un reproche qui sera difficile à maintenir. Il n'a jamais été envisagé d'attribuer à Brill un rôle d'arbitre ; il n'a même pas commencé à le jouer. Rappelez-vous : il n'était pas là quand vous êtes entré. Vous avez dit, sans un mot de salutation : je vais vous lire mon exposé de congrès.