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La psychanalyse, investie depuis longtemps par les littéraires, fait, cette fois, pour sa vie institutionnelle compliquée, une entrée dans le roman policier.
Batya Gour, une Israélienne professeur de littérature et nouvelle « reine du crime », crée un personnage à la Dupin, qui cherche le texte volé de la conférence qui doit avoir lieu ce matin-là. Ce commissaire, Michaël Ohayon, évoque également Sherlock Holmes et le Dr Watson, créatures de ce confrère médecin que Freud appréciait tant et qu'il cite dans sa correspondance : Conan Doyle ; mais peut-être le commissaire ressemble-t-il davantage encore, par son ambition, à celui d'Agatha Christie, Hercule Poirot.
L'intérêt de ce roman n'est pas tant dans le suspense (bien mené d'ailleurs, pour découvrir qui a commis le meurtre d'Eva Neidorf, cette analyste intègre de l'Institut de Jérusalem qui doit y donner une conférence) que dans l'enquête sur ce milieu de l'Institut psychanalytique dont l'étrangeté des pratiques apparaît peu à peu au vrai profane. Ainsi quel étonnement devant la formation analytique par exemple ! Pourquoi faut-il rencontrer trois analystes, à quoi servent ces « deux premières visites » (p. 96) avant de commencer la cure, pourquoi le « candidat (qui) passe des années en analyse, soigne des patients pour moitié prix, (et dont) chaque cas traité doit être contrôlé » (p. 77) peut-il espérer finir sa carrière comme didacticien (p. 76) ? « Qu'est-ce qui poussait un individu à se soumettre à un apprentissage aussi long et difficile ? », s'interroge le commissaire. Ça lui « fait penser aux guildes du Moyen Age (…) qui, sous prétexte de maintenir un haut niveau de compétence, imposaient toutes sortes d'épreuves à ceux qui souhaitaient entrer ». Il a lui-même raté sa carrière d'historien en ne terminant pas