You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
La théorie du Moi est d'un abord tardif dans l'œuvre freudienne. Pour Jean-Luc Donnet, les problèmes épistémologiques qu'elle pose sont en partie liés à son homologie avec la genèse de la différenciation Moi/Surmoi. Ainsi dès le début de son travail, il nous présente, dans un commentaire de la 31e Nouvelle Conférence, un Freud embarrassé qui remarque que cette difficulté métapsychologique tient « en quelque sorte, au caractère de la matière même (le Moi), et au peu d'habitude que nous avons de nous en occuper ». Il souligne alors la manière de Freud d'anticiper la critique potentielle de son auditeur. Ce dédoublement orateur/auditeur illustré par une référence au délire d'observation lui fait écrire: « L'observation du Moi révèle un Moi sous observation; plus encore : le Moi en quête d'une théorie du Moi semble percevoir cette instance qui le surveille, et l'observant percevoir ce qu'elle observe en lui (p. 18). »
Pour nous faire saisir ce jeu de miroir du processus théorisant, entre instance observante et théoricien du moi, entre Moi et Surmoi, Jean-Luc Donnet nous guide pas à pas dans les Nouvelles Conférences, Malaise dans la civilisation, puis dans « Le Moi et le Ça. » Une foison de notes diffractent la progression cohérente et serrée de son commentaire. Ce renvoi à la complexité et aux incertitudes du réseau de l'œuvre freudienne évite ainsi les risques d'énoncés dogmatiques si liés à l'étude de l'instance en question.
Il ne s'agit donc pas d'une présentation résumée des conceptions freudiennes sur le thème mais d'une réflexion sur leurs paradoxes, leurs limites, les hypothèses nécessaires qu'elles génèrent et qui cherchent à se prouver sans le pouvoir. Nous en retiendrons trois :