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Comment ne pas remarquer ce livre à la couverture blanche au milieu de laquelle se détache, insolite, une carte à jouer, un huit de cœur, singulièrement couverte longitudinalement d'une écriture régulière, un peu penchée: celle de Jean-Jacques Rousseau ; cette carte porte une ébauche des Rêveries du promeneur solitaire…
Le livre - publié dans la collection « Champ Vallon » que dirige Murielle Gagnebin - s'intitule : De l'acte autobiographique, avec en sous-titre l'indication : « Le psychanalyste et l'écriture autobiographique ». La donne du jeu est en effet fournie par ce titre complet que J.-F. Chiantaretto a choisi pour son ouvrage à propos duquel il précise dans son avant-propos : « Je suis parti de ce postulat : il y a une spécificité de la question autobiographique pour le psychanalyste, dans la mesure où elle l'implique spécifiquement. »
Mais qu'est-ce que « l'acte autobiographique »? C'est certes le « dispositif textuel commun à toute autobiographie », mais d'abord « la mise en acte d'un fantasme d'auto-engendrement et la production par le texte lui-même d'un certificat de naissance. Dans l'acte autobiographique ainsi défini, il y a l'engendrement de soi et la monstration de cet engendrement, la gestation (la genèse) et l'accouchement (la création). Ce registre fantasmatique correspond à une variante du premier temps du roman familial. Surtout, indépendamment de tout contenu narratif, il n'existe que dans et par l'acte d'écriture, qui équivaut fantasmatiquement à l'engendrement d'un double. L'autobiographie présente l'exhibition de soi dans l'engendrement d'un double à son image ». Cette définition, cette base sur laquelle va s'établir l'édifice du livre, nous la lisons dans une interview donnée par l'auteur au Journal des psychologues et permet d'apercevoir la