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« Je me trouve depuis un certain temps dans l'intéressante situation de ne pas savoir si ce dont je désire faire part doit être considéré comme connu depuis longtemps et allant de soi, ou comme totalement nouveau et étranger…
Même lorsqu'un chercheur s'intéresse au difficile champ de la clinique, il est de rigueur qu'il aborde l'étude d'un concept en tentant d'isoler celui-ci dans le but d'examiner la définition qui en a été proposée par son auteur, ainsi que les extensions qui en ont été éventuellement faites par d'autres auteurs. Ce travail premier, qui requiert de suspendre toute opinion et toute croyance personnelle, devrait permettre au chercheur, dans un second temps, de situer le concept étudié dans la constellation conceptuelle la plus proche à laquelle il semble appartenir, puis, ensuite, dans le corpus théorique d'ensemble. Dans un troisième temps, il devrait faire preuve d'une hauteur de vue suffisante pour tenter d'évaluer le potentiel de transformation que contient ce concept pour l'ensemble du corpus théorique. Parvenu à ce point de sa démarche, il faudrait qu'il s'attende à devoir réexaminer toutes les étapes qu'il croyait avoir franchies jusque-là, à la lumière de l' « inattendu » porté par le concept.
Cette exigence, commune à toutes les disciplines scientifiques, ne requiert pas seulement du chercheur qu'il ne perde jamais de vue la spécificité du champ théorique de sa recherche, la situation des structures et sous-structures de son ensemble, pas plus que la nature, la qualité et la dynamique des liens qui organisent celui-ci. Elle suppose en outre chez lui une « capacité négative » (Bion)