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Comme le font remarquer bon nombre d'auteurs, tout permet de penser que, pour Freud, la notion de clivage est susceptible d'être considérée comme un concept dont la généralité et la diversification peuvent s'appliquer à tout un chacun sous des formes plus ou moins durables et réversibles. Freud lui-même en premier, puisque, après-tout, ce qu'il propose comme exemples personnels dans l'essai sur l'Unheimlich («L'Inquiétante étrangeté», 1919) ainsi que dans l'ensemble de l'article intitulé «Un trouble de mémoire sur l'Acropole» (1936) se présente comme des illustrations cliniques auto-analytiques qui concernent la prise de conscience soudaine de petits clivages personnels qui viennent, pour lui, éclairer l'élaboration du problème à traiter. Ces clivages, Freud en propose une analyse au regard de ce qu'il « entend », dans leur élaboration, de ses propres théories sexuelles infantiles et de leur liens, d'une part à la bisexualité et au narcissisme, d'autre part aux fantasmes originaires.
Il ne fait donc aucun doute aujourd'hui que la clinique psychanalytique la plus banale, la plus quotidienne, nous confronte, peu ou prou, à l'opérateur clivage et à ses effets, du seul fait que tout donne à penser qu'il participe à l'organisation des fantasmes originaires et à l'élaboration des théories sexuelles infantiles chez chacun des deux protagonistes de la situation analytique, c'est-à-dire tout autant le patient que l'analyste.
Mon interrogation portera sur le rôle que joue l'opérateur clivage dans notre écoute des théories sexuelles infantiles de nos patients, dont l'expression a un lien avec leurs traumatismes et, bien entendu, leur narcissisme. Notre écoute, étant par ailleurs conditionnée de manière latente, et plus qu'on ne le