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« Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite. »
«Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà» : notre congrès dément Tapone de Pascal ; il m'est apparu néanmoins bienséant d'établir une « communication» entre les rapports français et espagnol, sur le thème du clivage kleinien menant à la croyance du manichéisme et du manichéisme borgne, dans les religions, les idéologies, et nos modèles psychanalytiques.
On connaît le clivage kleinien bon/mauvais objet partiel au stade schizoparanoïde, avant le «Un» de l'objet total ambivalent du stade dépressif: ontologiquement, le deux précède le Un.
Le système manichéen apparaît comme une projection sur le monde de ce clivage en :
— un Dieu parfait, projection de l'idéal ;
— un Démiurge mauvais, créateur du monde qui doit être détruit pour que l'unité parfaite soit retrouvée.
J'insisterai sur la prévalence et l'antériorité du deux sur le Un, du manichéisme sur le monothéisme, pour aborder la croyance religieuse et idéologique ; non pas tant pour son importance, dans l'histoire des religions (de Ur aux Cathares en passant par Mani, la Gnose, la Kabbale…) que pour comprendre les tendances du monothéisme à retourner au clivage (le diable1 et le bon Dieu), et pour comprendre ce qui m'apparaît comme un faux monothéisme, que j'appellerai «manichéisme borgne», marqué par le clivage Bon/Mauvais scotomisé, dont Akhénaton est le modèle2.