You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Face au danger pulsionnel «on ne peut se fuir soi-même», disait Freud. Aussi bien la psyché se défend-elle sur place, en mettant en batterie des moyens défensifs, efficaces à la demande ou en permanence, mais de toute manière onéreux. En effet, ces moyens dépensent de l'énergie, souvent beaucoup quand c'est ponctuellement, moins mais constamment quand c'est au long cours. Ce dernier cas est celui des défenses dites de caractère, elles qui utilisent préférentiellement les divers modes de clivage si bien présentés par G. Bayle.
Alors que la littérature de tout temps, et le cinéma décrivent et montrent des « caractères », ou à tout le moins le caractère de personnages, la théorie et la clinique psychanalytiques explorent relativement peu ce qui se présente comme un ensemble somme toute assez mal défini.
Sans doute ces tableaux cliniques sans symptôme névrotique, qui ne sont ni de la psychose, ni de la perversion, ni de la psychosomatique déclenchent-ils un malaise théorique aussi diffus que l'est la description clinique. C'est ainsi que, par ressemblance apparente de fonctionnement, et après soustraction des symptômes, on parle de caractère hystérique, obsessionnel, phobique. Mais c'est une autre option théorique que l'on prend quand on évoque un caractère narcissique, ou, dans un autre registre encore si l'on parle, par exemple, d'un caractère à tonalité dépressive.
Rappelons qu'en 1908 et 1917, Freud a repris sa perspective d'une évolution libidinale par stades d'investissement préférentiels, oral, anal, génital, en