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La conceptualisation freudienne nous a permis de penser la matrice organisatrice de notre vie psychique en termes d'oppositions conflictuelles entre pulsions, principes de fonctionnement, processus primaires et secondaires, énergie libre et liée, instances psychiques ou systèmes psychiques, dont les propriétés et les fonctions peuvent s'opposer comme perception et mémoire, déliaison et liaison.
Le projet de ce travail est de faire jouer l'opposition entre fonction synthétique du moi et ébranlement identitaire.
La fonction synthétique du moi a été relevée par H. Nunberg en 1932 dans un travail de synthèse à propos de l'aspect structural et dynamique du moi - instance de la deuxième topique freudienne (II). Ce travail a été préfacé par Freud qui écrivait dans le même temps un récapitulatif théorique avec Les nouvelles conférences ; mais la notion de fonction synthétique appartient à Nunberg et non à Freud qui, à notre connaissance, n'utilise ce terme qu'une fois dans son œuvre, en 1938, pour signaler qu'elle se trouve soumise à toute une série de perturbations et que nous avons manifestement tort de considérer « la synthèse des processus du moi comme allant de soi» (I, 10, p. 284).
Nunberg en revendique d'ailleurs la paternité dans l'introduction à son ouvrage où il écrit : « Là où j'ai essayé de fournir des explications personnelles, je pense n'avoir fait que combler les lacunes qui semblaient trop grandes à mon propre besoin de causalité. Dans ce contexte, j'aimerais souligner qus j'assume la pleine responsabilité pour le rôle que j'ai assigné à la fonction synthétique du moi… »
C'est de Nunberg que P. Roazen tient ce commentaire de Freud à la présentation de son article sur les fonctions de synthèse du moi : « Votre article fait penser à un tableau de Schwind [un célèbre peintre autrichien de la fin du XIXe siècle]. Il représente la construction d'une chapelle au sommet d'une