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Un des mérites de ce Congrès aura sans doute été de mieux nous faire envisager l'espèce de clivage existant entre les théories ayant divergé à partir de Freud. La difficulté de les mettre en rapport touche certes à la question des croyances qui les sous-tendent ; mais elle illustre surtout le caractère problématique de la fonction synthétisante du moi, avec les clivages qu'elle laisse subsister. Je me souviens d'André Green répétant, lors d'un Congrès de l'API à Paris, au début des années soixante-dix, qu'un Bureau comme celui de notre organisation internationale «fonctionnait tout à fait comme un moi». On peut interroger effectivement la capacité synthétisante d'une telle instance et les limites de son efficacité, ce qui nous replace au cœur d'un paradoxe constitutif de la psychanalyse : la seule chance d'améliorer la fonctionnalité d'ensemble de notre moi ne réside-t-elle pas dans notre capacité d'en poursuivre… l'analyse?
C'est un fait aujourd'hui que beaucoup de psychanalystes de par le monde manifestent un besoin de ressourcement, de revitalisation de leur message analytique qu'ils sentent en perte d'influence. Mais pour peu que l'on essaie de travailler avec des collègues new-yorkais par exemple, on mesure aussitôt combien, au-delà de la sympathie mutuelle et du désir de communiquer, il est des espaces inter-théoriques qui demeurent difficiles à franchir. Nous n'avons décidément pas la même « croyance » dans l'inconscient, ni non plus dans la pulsion - qu'ils continuent d'appeler imperturbablement instinct.
Analyser nécessite bien souvent qu'on commence par se défaire des synthèses fallacieuses. Dépasser l'écran que celles-ci constituent peut (re)donner droit de cité à des significations éjectées jusqu'alors comme gênantes, indésirables, alors qu'elles sont indispensables pour donner vie aux constructions nouvelles que la situation requiert. C'est en cela que la démarche psychanalytique doit se démarquer résolument du mauvais exemple donné par certains