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« Le drame aujourd'hui est qu'on cherche le noyau vrai dans ce qui est square1, sentimental, dans le succès et la facilité. »
Bion introduit dans son ouvrage Transformations : passage de l'apprentissage à la croissance2 le problème essentiel du danger de manipulation par l'analyste des émotions du patient. Il serait dans ce cas, dit-il, comme le peintre, qui devenu propagandiste ou dessinateur publicitaire, utiliserait les couleurs sur sa toile pour jouer avec les émotions de son public.
Pour Bion, ce danger est en lien avec le concept de vérité. Ce concept n'a pas de statut métapsychologique, mais porte en lui les ramifications psychiques de ce qui pourrait se trouver impliqué dans le lien de séduction propre à la situation transféro - contre-transférentielle. Ainsi, même si la pratique analytique se restreint à l'expression verbale, ou, selon ses propres termes, à la mise en mots par l'analyste de son expérience dans la séance ainsi que de l'état émotionnel qu'il induit chez son patient, cela n'exclut pas les éléments propres qui peuvent faire basculer ce qui est de l'ordre de la « communication » dans celui de la « propagande ». Défaillance que j'ai pour ma part associée aux situations dans lesquelles l'analyste au lieu d'interpréter soumet trop souvent le patient à des propos explicatifs. Il le place ainsi dans une position infantile de séduction et lui impose, pourrions-nous dire, à la manière d'une vérité, la propagande de l'analyste.
Ce qui fait encore dire à Bion que si la vérité n'est pas essentielle aux valeurs de l'analyste, il ne peut y avoir que manipulation des émotions du patient, ce