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« Perdre un parent peut être considéré comme un malheur…, mais perdre les deux, cela ressemble à de l'étourderie. »
Valérie est vraiment très étourdie, elle vient consulter dans un état d'angoisse diffuse et envahissant qu'elle situe à la naissance de son fils : celui-ci a actuellement quatre ans.
Elle explique qu'elle était très heureuse avant et que tout a basculé dans l'horreur sans qu'elle puisse comprendre quoi que ce soit à ce qu'elle est en train de vivre. Brillante avocate, elle a interrompu sa carrière pour se consacrer à son enfant. Plus les années passaient, plus le désespoir et l'angoisse augmentaient. Elle n'était bonne à rien et ne savait absolument pas comment il fallait être avec cet enfant alors qu'elle avait imaginé que la maternité la comblerait.
J'apprendrai au cours de cette rencontre qu'elle a perdu sa mère au moment de sa naissance, son père lui aussi alors qu'elle n'avait que sept ans et que sa sœur aînée, qui fut un relais parental important, est aussi décédée. Elle n'établit aucun lien entre sa propre histoire infantile et son angoisse concernant son fils, un peu comme deux histoires parallèles qui ne se rencontrent jamais. Elle n'y pense pas. «C'est le passé», dit-elle avec un sourire. Elle me parlera cependant d'une adolescence difficile qui la conduira à une rupture brutale et quasi définitive avec les membres de sa famille. Elle aurait commencé à « vivre » à partir de cette séparation mais dans une solitude extrême et une exigence personnelle de réussite qui a parfaitement fonctionné. Valérie méprise tout et tout le monde ; bien qu'elle soit apparemment très entourée, aucune relation authentique n'est possible. Les objets externes ne sont utilisés qu'à la condition de n'induire aucun attachement. Valérie est devenue une forteresse dont toutes les ouvertures sont bouchées. Elle prend et jette dans une maîtrise absolue montrant parfaitement le