You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« Il se peut fort bien qu'avant que le Moi et le Ça n'y soient nettement différenciés, avant la formation d'un Surmoi, l'appareil psychique utilise d'autres méthodes de défense qu'une fois ces stades d'organisation atteints. »
« (Le) Soi fonctionnerait comme une instance différenciée ayant tout au long du développement un destin fonctionnel propre intervenant dans les vicissitudes des organisations fantasmatiques ultérieures et des conflits intrapsychiques. (Le) Soi devenant alors (…) source de fixation et donc de régression. »
Il était une fois une petite fille accueillie dans une famille amie pour un week-end. Sa mère l'avait accompagnée ; elles s'étaient séparées toutes deux sans l'ombre d'un problème. Au retour des parents, à la fin du week-end, la petite fille éclate en sanglots.
Reprenons de plus près cette histoire.
La famille fait des projets pour le week-end. Les parents iront faire du ski. Les deux petites filles, Anna 5 ans et Juliette 8 ans, choisissent chacune leur famille d'accueil : elles passeront le week-end séparément chez leurs « copines » respectives.
La cadette, Anna, se sépare de sa mère sans histoire, sans pleurs ni grincements de dents. A l'instant où la maman repart, Anna vient prendre la main de sa maman d'adoption, avant de retourner jouer avec Alice, sa « copine » d'un an sa cadette. Le geste, donner-prendre la main au lieu par exemple de courir après sa mère pour la retenir encore un peu, n'a-t-il pas la valeur d'un agi psychique ? Et si le geste n'était pas contemporain de la séparation, mais lui succédait, c'est au mécanisme d'annulation rétroactive que l'on penserait. Ici, c'est plutôt comme le passage du témoin dans une course-relais ; s'agit-il de l'instauration, moment inaugural, d'une relation fétichique à l'objet (E. Kestemberg)? Anna