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L'analyste peut être amené à utiliser une régression induite par le patient au cours de la cure. Cette régression facilite souvent une identification quasi inconsciente à la vision fantasmatique des personnages du passé du patient.
La description succincte d'un cas explicitera comment cette phase identificatoire amènera l'analyste à donner à l'analysé une autre vision perceptive transférentielle.
C'est cette nouvelle modalité perceptive qui produira la levée du clivage chez le patient.
M. Y consulte pour un manque de confiance en lui, ainsi qu'un flou de la pensée et de l'identité. Il a également de gros problèmes dans sa relation avec la femme qui partage sa vie actuellement, mais aussi dans la part de son travail qu'il veut «créatrice» et où il n'arrive pas à se réaliser. Homme jeune, beau garçon, il donne l'impression de planer au-dessus des nuages dans un monde à lui.
Le début de l'analyse mettra au jour plusieurs traumatismes semblant l'avoir beaucoup marqué :
— la séparation de ses parents lorsqu'il avait 5 ans, vécue comme un abandon et un désintérêt de leur part, bien qu'il ait continué à vivre avec sa mère. C'est elle qui avait décidé de quitter son mari, très volage, semble-t-il, à cette époque ;
— la séduction d'un jeune adolescent, fils de la femme de ménage de sa mère, séduction qui paraît s'être exercée de façon répétitive sur le très jeune enfant qu'était alors le patient, et ceci sous le regard permissif de la mère de l'adolescent. M. Y. en garde un souvenir à la fois très apeuré par la violence
qu'exerçait ce grand garçon à son égard, mais également de sensation de plaisir à ce vécu ;
— un autre traumatisme du même genre de la part du photographe ami du père qui semblait avoir eu des attouchements un peu trop précis lors de séances de prise de photos de l'enfant nu.