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Pourquoi un numéro sur les jalousies?
Parce qu'il y a plusieurs formes de jalousie.
Parce qu'il nous a semblé que, depuis Freud et Melanie Klein, fort peu d'auteurs en psychanalyse s'étaient penchés sur le problème de la jalousie, et de toutes ses manifestations, passionnelles et autres, en dehors des pathologies délirantes.
Les aliénistes du XIXe siècle se sont beaucoup intéressés aux passions, et à leurs manifestations pathologiques (délire de jalousie, paranoïa, etc.). Mais, du côté des psychanalystes, le principal travail est celui de Daniel Lagache, en 1947, sur la « Jalousie amoureuse ». D'autres auteurs, plus récemment, ont traité des passions, en général, dans leur aspect psychopathologique et culturel (E. et J. Kestemberg, J. Gillibert, A. Green, J. Cournut, L. de Urtubey, parmi d'autres).
Et pourtant, on retrouve la jalousie traitée sous toutes ses formes et de tous temps comme une constante du fonctionnement psychique et du comportement humain, dans les mythes, la littérature, le théâtre, le cinéma, l'opéra, etc.
L'affect jaloux proprement dit a été, chez la plupart des auteurs, articulé en opposition ou en antagonisme avec deux autres affects.
Freud, en 1922, fait de la jalousie un « état affectif normal » qui, lorsqu'elle semble manquer dans la conduite et le caractère d'un homme, permet de « conclure qu'elle a succombé à un puissant refoulement et joue dans la vie psychique inconsciente un rôle d'autant plus grand ». Il décrit les cas de jalousie « anormalement renforcée » en « trois couches ou trois étapes » :
— la jalousie concurrentielle, ou normale ;
— la jalousie projetée;