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Cent vingt lettres écrites par Marie Bonaparte à René Laforgue entre 1924 et 1931 nous font, grâce à la présentation qu'en fait Jean-Pierre Bourgeron, pénétrer dans le monde de nos ancêtres psychanalystes, du temps des années folles et du surréalisme alors à son apogée.
C'est un album de famille que Jean-Pierre Bourgeron a créé, avec une riche iconographie constituant une part de l'apport original de ce livre.
L'auteur pointe les conflits d'idées et de personnes qui vont accompagner la création de la société psychanalytique par Freud à Vienne d'abord, puis dans le monde, et surtout en France, puisqu'il s'agit, à travers les lettres de Marie Bonaparte, du développement de la psychanalyse en France dont elle a été la principale instigatrice.
Enfin, la psychanalyse éclôt dans un monde prêt à la recevoir, même si c'est à coups de boulets rouges. L'intérêt pour le rêve, pour l'association libre et pour le sexuel est dans l'air du temps. « Jadis en France, la sexualité s'appelant pour les uns luxure, pour les autres gaudriole, on ne pouvait parler des choses de la chair qu'en moraliste ou pornographe » (Drouin). Or une partie du monde littéraire s'intéresse à tout ce que la morale bourgeoise craignait le plus, mais seule la théorie générale de Freud permet de rendre cohérentes les notions dispersées d'inconscient et de refoulement (C. Richet, H. Taine). L'apport des milieux littéraires va permettre à l'analyse de faire partie de notre culture (Paul Bourget). Jules Romains prophétise: « Cet hiver sera, je le