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On lira avec intérêt l'excellent numéro de L'évolution psychiatrique, dirigée par Yves Thoret, intitulé « Psychose, perversion, passage à l'acte ». Arnaud Martorell présente le thème de ce volume centré sur « La clinique de l'acte violent à dimension sexuelle prévalente ». Faisant souvent le lien entre psychiatrie et psychanalyse, la plupart des articles développent les aspects phénoménologiques,
théorico-cliniques de cette problématique et « ouvrent de nouveaux horizons susceptibles de sous-tendre une pratique thérapeutique vivifiante ».
S'appuyant sur leurs expériences cliniques, les auteurs tentent de cerner l'organisation psychique de ces patients : structures perverses, comportements pervers ou psychoses? Plusieurs refusent les classifications rigides, montrent la complexité des pathologies en cause et font la part belle aux écrits de Freud, à la littérature psychiatrique et psychanalytique contemporaine.
Ainsi, théorisant son travail en milieu carcéral, Claude Balier dégage la spécificité des comportements sexuels violents, par rapport à la psychose et à la perversion. Il propose l'idée d'« une perversion au premier degré, si peu psychisée que les contenus de pensée restent au second plan. C'est au niveau même des processus engendrant la pensée qu'il convient de se placer, là où le patient renonce à son existence de sujet ». Pour C. Balier, les incidences thérapeutiques de cette « subjectivation » de l'agresseur sexuel sont de rendre essentiel l'engagement du thérapeute dans une relation de « sujet à sujet ». Il est indispensable d'amener le patient à s'investir activement en tant que sujet. Le thérapeute doit adopter une attitude active pour établir des liens qui donnent sens jusqu'à « l'obscure motion psychique qui a commandé l'atrocité du crime », si possible. Selon son expression, c'est « les yeux dans les yeux » qu'une telle thérapie doit se faire. Et ce n'est pas seulement une image…
La notion d'inorganisation psychique est relevée par plusieurs auteurs.