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Pourquoi ce titre, Revue du littoral ? Et pourquoi ce « oui » du « oui, l'artiste » du n° 43, qui implique une réponse assertive à une question connue, du lecteur éventuel : comme une connivence dont on peut se sentir d'emblée exclu. Si l'on ne peut s'empêcher de penser à l'air du large, au vent qui brasse et dissipe les brumes de toutes origines, découvrant des perspectives nouvelles, lorsqu'on lit en complément d'information sur la couverture : « école lacanienne de psychanalyse », « littéral » se surimpose à l'image du littoral, avec son cortège sonore d'associations verbales.
Or il y a quelque chose de reposant dans la lecture de Littoral : nous nous sentons en pays de connaissance : la première partie du n° 43 propose les noms d'artistes, oui, comme Camille Claudel, Salvador Dali, Hans Bellmer… Satisfaction de re-voir ce que nous connaissons, semble-t-il, déjà ; comme on a plaisir à regarder à nouveau un tableau qui nous intéresse en y découvrant un quelque chose en plus : ce que d'autres encore en disent, ont eu envie d'en dire. C'est peut-être grâce à cette sorte de familiarité que nous lisons avec grand intérêt : « L'œuvre de la rupture : L'âge mûr de Camille Claudel. »
L'article de Danielle Arnoux se lit d'une traite, tant nous est rendue perceptible, sensible, la passion, au plein sens du terme, dans laquelle fut entreprise L'âge mûr, œuvre majeure, œuvre-drame qui fut le catalyseur de la rupture avec Rodin. Si les Beaux-Arts donnèrent dans un premier temps un « arrêté de commande de la fonte en bronze » à Camille, la commande fut annulée dans un deuxième temps, sans explication autre que probablement celle-ci : « Rodin serait intervenu pour empêcher de pérenniser ce monument qu'il aurait trouvé compromettant. »