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Croyances, foi, illusions infiltrent le fonctionnement psychique et peuvent le dominer entièrement, induisant des façons de vivre, des créations ou l'efflorescence d'un délire. Les perspectives ouvertes par Freud ou par Winnicott, bien qu'essentielles, laissent leur approche métapsychologique soumise à de nombreuses questions.
La définition même de la croyance n'est pas si aisée si on se place du point de vue psychanalytique. L'illusion nous est plus familièrement définissable car elle peut être aisément référée à l'inconscient. Quel est donc le rapport de la croyance à l'illusion ? Que faut-il pour qu'une illusion s'érige en croyance ? Illusion et croyance forment-elles une opposition permanente capable de fonder une première définition ?
C'est en référence à la pensée que l'on peut distribuer la croyance de l'opinion incertaine à la certitude de l'idée démontrée, en passant par la conjecture raisonnée. Temps changeants de la raison, l'opinion, la certitude raisonnable, la croyance du « je pense que », laquelle exprime un jugement révisable, n'ont pas la force organisatrice de la foi du croyant, laquelle peut s'effondrer mais n'est pas susceptible d'évolution. Le « pari » pascalien saisirait l'instant de rupture, celui qui fait passer de l'idée, du fantasme, à la croyance dans sa dimension d'affirmation.
Le rationalisme oppose croyance et certitude scientifique, mais quels sont leurs rapports et quelles sont, entre elles, la place du doute et celle de la notion de vérité ? N'est-il pas frappant de constater que le scientisme constitue la réapparition des mécanismes de la croyance à partir d'une pensée qui visait à les combattre ? Qu'en est-il encore des croyances « rationnelles » au regard de l'analyse?