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Lors d'une des interventions de Robert Stoller devant un groupe de jeunes psychanalystes à Los Angeles au milieu des années 1980, j'avais fait, en passant, une remarque sur quelques affinités que je voyais entre certains aspects de la théorie de Stoller sur la sexualité et les écrits philosophiques et historiques de Foucault à propos des discours sur la sexualité. Bien qu'ils soient partis d'hypothèses largement divergentes et qu'ils se soient adressés à des lecteurs différents, ni Stoller ni Foucault ne semblaient avoir connaissance de leur travail respectif. Foucault intriguait Stoller qui proposa que nous nous rencontrions en privé, afin de lire et étudier Foucault, ce que nous avons fait pendant environ un an et demi, de 1987 au printemps de 1989, à un rythme de deux fois par mois.
Au début, nous pensions que nous pourrions écrire un article d'introduction sur l'approche de Foucault sur la sexualité en la destinant à un public psychanalytique qui ne serait pas nécessairement familiarisé avec ses idées. Puis nous avons projeté d‘écrire en commun un long essai, peut-être un livre, qui explorerait les dimensions culturelle, politique et philosophique de la sexualité selon Foucault. Nous avions l'intention de discuter son approche de la psychanalyse sur le plan théorique et pratique, puis d‘évaluer de façon critique sa pensée d'un point de vue clinique. Ce projet est resté inachevé en raison de la mort de Stoller en 1991.
Curieusement, Stoller s'intéressait vivement à la vie de Foucault ; il était en contact avec James Miller, un de ses biographes, qu'il aidait à éclairer différents