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Comme le souligne Claude Le Guen, dans sa Préface au livre de Claude Janin, Figures et destins du traumatisme, le trauma « est sans doute l'une des notions les plus indécises de la psychanalyse, voire des plus équivoques, et sans doute des plus énigmatiques. Cela tient à l'ambiguïté de ses confluences placées à la rencontre du dedans et du dehors, à sa dynamique d'excès, de rupture et de perte, à sa fonction d'alarme et de protection comme à son pouvoir d'effraction. Agent d'une réalité dont la puissance et la source demeurent incertaines, le trauma est l'occasion d'entrevoir ce qui peut agir au-delà du plaisir et de son principe (…) Le trauma: la pire et la meilleure des choses… ».
L'importance et la pertinence du travail de Claude Janin réside en ce qu'il fait avancer la compréhension de la complexité de la problématique du « trauma », tant au regard de la question de l'historicisation qui surgit à chaque fois que l'on est conduit à s'y référer sur le plan clinique et théorique (l'histoire du sujet et la place de l‘événementiel dans son histoire singulière), qu'au regard de sa position « originale » et « originelle » dans l'histoire même de la psychanalyse, du fait que ce concept est aux « origines » mêmes de la psychanalyse : il est le concept clef, aux fondements de l‘édifice freudien, à partir duquel Freud est conduit, en 1897, au renversement épistémologique du « renoncement » à sa croyance en la « neurotica ».