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J'avais écrit une longue analyse des derniers livres d'André Bourguignon avant sa mort : il avait bien voulu la lire attentivement : comme moi, il souhaitait sa publication dans notre Revue, mais la publier dans son intégralité paraît impossible ; finalement il me faut remercier Denys Ribas qui m'a demandé de la réduire à une dimension qui en permettrait une rapide publication, que, chargé désormais de la responsabilité de cette rubrique, il souhaitait également. Ses exigences m'ont en effet permis d'associer à cet hommage à Bourguignon notre souvenir de l'œuvre de Racamier et de celle de Pasche, tous deux disparus il y a quelques semaines ; cette association n'est pas saugrenue, comme j'essayerai de le montrer dans cette note.
En 1989, L'homme imprévu était le premier tome de l'histoire naturelle de l'homme d'André Bourguignon (désormais AB) : il s'attachait à y montrer que « sur la ligne continue du temps irréversible, ponctuée par quelques bifurcations majeures et quelques changements d'organisation en la matière, la seule rupture aura été l'apparition d'un être réfléchissant et parlant, qui existait déjà, au moins virtuellement, depuis des milliards d'années, et dont aujourd'hui l'avenir devrait nous soucier davantage que le passé » (p. 5 et 6 de l'Introduction).
AB annonçait que l'ouvrage donnerait ses idées de base :
— « l'évolution de la matière, le changement de son organisation, nous cache habituellement le fait que, à chaque étape du processus, ce qui change est quantitativement inférieur à ce qui reste invariable » ;