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On ne peut que se féliciter de voir paraître cette nouvelle revue. Quand on mesure l'ampleur de l'entreprise, on se réjouit du courage et de la volonté de renouvellement qu'implique le lancement de ce nouveau bâtiment dans les turbulences des courants actuels aux réactions parfois difficiles à prévoir.
Le premier exemplaire de Le fait de l'analyse donne le sentiment d'hésiter encore. Cette revue est peu ou prou héritière, ou rejeton, de la Nouvelle Revue de psychanalyse que J.-B. Pontalis, après vingt-cinq ans de parution, décidait d'interrompre en 1995. Le choix du titre d'abord, « La Reproduction », pourrait laisser penser qu'il s'agit de « reproduire » l'aînée disparue, il n'en est rien et l'entreprise est entièrement originale. L'illustration de couverture est un détail des « magnifiques fresques représentant les “choses dernières” »… de Signorelli dont Freud avait soudainement oublié le nom et qui lui servit, comme on sait, d'exemple pour analyser la raison de l'oubli de noms propres. Cette vue plongeante, étroitement serrée, sur le crâne d'un personnage qui paraît se boucher les oreilles, se prendre la tête, de ses deux mains appuyées aux tempes, est l'image de la souffrance psychique et de la résistance à l'analyse.
L‘éditorial répertorie dans une cascade d'interrogations les valeurs attribua-bles au terme « fait psychanalytique » pour mettre ainsi les choses au point : « Le fait de l'analyse, le titre de cette revue, ne craint pas d‘être dans son temps - la psychanalyse est un fait de notre civilisation. Il promet de ne pas quitter le