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L'imagination prend le pouvoir… Proposer de jouer « en faisant semblant pour de vrai », c'est un compromis qui représente à la fois une affirmation et sa négation. La dynamique du psychodrame réside dans cette possibilité laissée au patient d'utiliser la négation, acceptant de recevoir ou non les projections comme lui appartenant. Comme au théâtre, « le patient peut se laisser aller à assister à une histoire extérieure à lui, qui ne s'est peut-être jamais passée » et alors il peut accepter de se sentir concerné (Alain Gibeault).
Les différents articles essentiellement cliniques montrent les modifications psychiques que le jeu psychodramatique peut accomplir, la richesse et les possibilités inventives toujours renouvelées que possède l'univers psychodramatique.
Les vignettes cliniques se rapportent toutes à des patients très difficiles, elles permettent de dégager des indications spécifiques du psychodrame : excitation trop importante en face à face, répétition dans laquelle s'enferme le patient, impossibilité du jeu psychique avec fermeture de l'imaginaire ; « Le psychodrame, par sa “mise en jeu”, permet une saisie plus directe que la psychothérapie classique des mouvements d'affects et des jeux identificatoires » (S. Cann).
Parmi les qualités spécifiques du psychodrame, on peut souligner :
— la construction gestuelle ; dans le jeu, on peut toucher le malade ; Jean Gillibert aborde le problème de l'éthique du psychodrame analytique et montre comment la transgression doit être « inopérée » dans le jeu ;