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Un peu plus de vingt ans après la publication du livre L'enfant et son corps (M. Fain, L. Kreisler, M. Soulé), ce numéro se donne pour but d'en revisiter les modèles, enrichis et conflictualisés par les développements conceptuels survenus depuis dans le sillage du courant de pensée de l'École psychosomatique de Paris, et d'y adjoindre un certain nombre d'approches théoriques sensiblement ou radicalement différentes. A travers et au-delà de la psychosomatique de l'enfant, la récurrente et indispensable question des processus originaires est ainsi relancée, ce qui ne peut manquer d'intéresser tout psychanalyste, même s'il ne s'occupe pas directement d'enfants dans sa pratique. La pluralité des points de vue exposés (qui est, disons-le au passage, une des grandes qualités de cette Revue) a le mérite de remettre en travail les représentations, toujours menacées de se transformer en croyance, que chacun est amené à se faire de ces temps énigmatiques.
La première partie du volume est consacrée à la discussion d'un cas de pathologie néonatale « alarmante », présenté par Léon Kreisler. Il s'agit d'un enfant de seize semaines, présentant pluri-quotidiennement depuis le deuxième jour de sa vie des malaises étiquetés « à risque de mort subite », que l'auteur n'hésite pas pour sa part à diagnostiquer fermement en termes de spasmes du sanglot dénués de risque vital, en dépit de l'idée habituellement répandue qu'on n'observe pas cette symptomatologie, dans sa double forme « bleue » et « pâle », avant le sixième mois. Les éléments caractéristiques de ce type de malaise sont, nous dit-il, aisés à identifier cliniquement : une perte de conscience succédant à une apnée, survenant dans un contexte de « cause provocatrice émotionnelle constante, en situation relationnelle directe avec une personne électivement partenaire de l'attachement ». A elle seule, cette double définition laisserait perplexe, lorsqu'on apprend parallèlement que le premier malaise à deux jours est survenu à la mate