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Paradigme du heurt entre le temps fini du fonctionnement psychique organisé et le temps infini de l'Inconscient, le « temps d'après » peut constituer, ou non, le temps d'un travail psychique, tout comme le temps dit « de l'analyse » peut être illusoire lorsqu'il est dominé par l'attaque contre les processus de liaison et le désinvestissement de la recherche du sens.
Il peut se faire que l'analysant sorte de la cure analytique guéri à tout jamais de la vie psychique. Cette perspective désagréable, dont témoigne l'efflorescence des techniques de « thérapies brèves », relève d'un court-circuit dans les processus de pensée et d'une bascule de 180° dans la mentalité de groupe. Elle prend un sens particulièrement douloureux en ce qui concerne le sens de la vie du psychanalyste : aurait-il donc passé les plus belles années de sa vie à produire du négatif ?
L'auteur se pose ici la question du refoulement postanalytique et, plus précisément, face à l'Inconscient et à la poussée pulsionnelle constante, la question de savoir ce qui est refoulé : contenu fantasmatique ? contenant du fonctionnement psychique lui-même ? Le travail de deuil de l'analysant a son double en miroir chez l'analyste : c'est le travail de mise à mort de lui-même. Là réside la limite extrême de l'abstinence analytique : plutôt que d‘être à l‘égard de son analysant dans un esprit messianique, l'analyste doit accepter « qu'il croisse et que je diminue ».