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La publication d'un article de J.-L. Donnet contient toujours, pour moi, la promesse d'une rencontre, je devrais dire d'une plongée, d'une immersion, dans une des difficultés essentielles de la psychanalyse. C'est la promesse d'une aventure, d'une avancée ; J.-L. Donnet fait toujours découvrir une question de la clinique de la cure, question souvent latente et qui travaillait en silence certaines hésitations interprétatives, certaines maladresses pratiques, voire certaines « poches » d'impensé processuel, de la pratique courante. Il rend ainsi à la pratique psychanalytique sa légitime complexité, permet de transformer ce qui avait pu apparaître en première approche comme une faute voire une erreur, en une vraie question méritant une réflexion approfondie. Pas de langue de bois chez lui, pas de ces réponses « faciles », qui vous dépossèdent de votre responsabilité individuelle, qui font de vous le simple agent d'un prêt à penser et à interpréter.
Cependant, et dans la mesure même de ses qualités, comme sur l'autre face de celles-ci, c'est un auteur difficile, exigeant, dont les textes doivent être « travaillés » dans leur processus de déroulement tout autant que dans leur contenu. En retour, si l'on accepte de les lire ainsi, au pas à pas de leur parcours et de leur démonstration, leur écriture « travaille » alors aussi le lecteur, l'entraîne dans l'analyse, en déployant en lui et pour lui le champ conflictuel qui sous-tend les questions, en rendant formulables et cernables les polarisés du champ tensionnel qui préside à leur organisation : elle lui rend ainsi le poids de sa capacité de choisir.
L'invitation à la lecture et au travail interne qu'elle implique passe d'abord par l'écriture et le style de l'auteur.