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C'est avec soulagement qu'on a appris qu'une rencontre prévue entre les dirigeants israéliens et palestiniens venait d'avoir lieu, matérialisée par une poignée de main entre Yasser Arafat et Beniamin Netaniahou.
Qui dit rencontre dit présence simultanée en un même lieu – hier, on aurait pu trouver plus jovial qu'un camp militaire… – ce qui est la condition nécessaire d'un échange humain, d'une « entrevue » directe, d'un rapport qui ne soit pas télé-quelque chose.
Cependant – et l'expérience vérifie la nature des mots – dans rencontre et dans rencontrer, il y a contre. Ces vocables sont les témoins d'usages anciens, tel celui du verbe encontrer qui signifiait en vieux français « trouver en face de soi ». La langue anglaise, parfois conservatrice emploie encore to encounter pour « rencontrer ». Rencontrer, c'est donc d'abord « encontrer fortement, brutalement », c'est-à-dire « affronter au combat ». Mauvais départ pour le mot rencontre, mais ce face-à-face à la masse d'armes cède tout doucement la place à la simple mise en présence, entre le xiiie et le xve siècle, époque pourtant très rude. Aujourd'hui, la rencontre diplomatique est même devenue l'antithèse de la bataille.
Les emplois modernes ne sont pas pour autant tous rassurants. Ainsi, rencontre désigne aussi une circonstance imprévue, qui se présente brusquement. Ceci explique l'expression un peu littéraire et fort élégante qu'est par rencontre, pour « par hasard ».
Souvenons-nous de la phrase impitoyable de Sartre, dans La nausée : « Tout existant naît sans raison, se prolonge par faiblesse et meurt par rencontre». Heureusement, ce hasard mortel dont parle le philosophe ne concerne en aucune façon les rencontres ménagées par volonté de paix qui mettent un peu de liberté dans l'engrenage monstrueux de la violence.