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Provoquer un dialogue sur la rencontre analytique entre Jean-Luc Donnet et Michel de M'Uzan, qui sont tous deux consultants au centre Jean-Favreau, nous a paru intéressant du fait que si leur pratique de la consultation publique peut paraître proche, elle n'en contient pas moins des divergences qui méritaient réflexion et clarification.
Au terme d'un débat ne demandant qu‘à se poursuivre, il est apparu qu'une assez grande convergence de vues existe bien quant à la conception, la pratique et l‘éthique de la rencontre, en particulier au niveau de cette dimension particulière que représente la consultation, c'est-à-dire celle où le psychanalyste se voit a priori exclu de l'engagement thérapeutique ultérieur éventuel. Un profond accord existe en effet dans le fait de considérer la consultation comme une tentative d'action analytique dont la réussite se révèle être le meilleur indice de l'indication.
Ceci ne saurait cependant masquer de réelles différences d'appréciation.
— Michel de M'Uzan rappelle sa prédilection pour l'indication d'analyse élargie, quitte à modifier le cadre en cas d'inadéquation. Jean-Luc Donnet souligne le fait que l'instauration d'une cure inclut la perspective de la durée dans le cadre fixé; corrélativement, et sans en méconnaître les inconvénients, il fait valoir l'opportunité de prolonger le travail préliminaire.
— On remarque également que M. de M'Uzan préfère s'en tenir à l'interprétation individuelle des résistances faisant obstacle à la mise en œuvre du
* Interview réalisée en mars 1997.
projet, J.-L. Donnet voit, quant à lui, dans les difficultés de la faisabilité, les indices d'une crise « dans le cadre du cadre », et il confère à la consultation une fonction particulière d'explicitation élaborative.
C.B.
J.-M. P.