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Paru au dernier trimestre de 1996, cette somme, en fait la thèse de doctorat d'Agnès Oppenheimer, venait s'ajouter à ses nombreuses autres publications sur le narcissisme, l'identité et la psychanalyse américaine. Nous nous réservions de la lire à loisir, comme un ouvrage de référence, lorsqu'elle nous a brutalement quittés au début de janvier 1997. Elle laisse derrière elle le souvenir d'un talent qui avait atteint sa maturité et dont tous attendaient beaucoup.
Avant d'aborder le contenu de la première partie de son travail consacré à Kohut, je propose au lecteur de me suivre dans la seconde, Problématiques, où Agnès Oppenheimer situe la place de celui-ci dans l'histoire de la psychanalyse. Elle nous offre, ce faisant, une vision très large, une véritable généalogie combien instructive des différents courants de la psychanalyse américaine que nous, Français, connaissons souvent mal. Cette synthèse historique et la critique conceptuelle qui la suit sur laquelle je reviendrai plus loin, constitue la partie la plus riche de cet ouvrage et un remarquable outil de travail pour le lecteur. Elle témoigne d'une connaissance encyclopédique de son sujet, ce dont elle nous avait donné de nombreux aperçus dans divers articles parus dans la Revue française de Psychanalyse ainsi que dans Psychanalyse à l'Université1.
Comme d'autres auteurs postfreudiens, Kohut tente, à partir des années 50, d'apporter des réponses aux questions laissées en suspens par Freud. Un regard critique sur la technique analytique l'amène à l'étude du narcissisme et à ce qui deviendra la psychologie du self, parfois qualifiée de troisième topique après la topique des pulsions et celle du moi. La psychologie du self ne manque pas