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Avec rigueur, tout au long de ce livre, Catherine Druon nous fait part de sa pratique analytique auprès de bébés prématurés.
Dans ce travail dense et généreux, elle témoigne de son engagement et de son expérience de psychanalyste dans le service de médecine néonatale de l'hôpital de Port-Royal.
« A peine sortis du ventre maternel, ces bébés se trouvent pratiquement entre la vie et la mort. »1
C'est en effet de la réalité de la vie, d'une vie prématurément advenue dont il s'agit, vie suspendue parfois à un fil, à un souffle, à une machine, et c'est ce bébé là qui est son « sujet ». « Elle l‘écoute » et dialogue avec lui. Elle nous raconte une bien étrange histoire, celle d'un bébé parfois inachevé, dans sa couveuse, assisté de machines bruyantes, et de son « analyste ». Cure prématurée pourrait-on dire là aussi? Et pourtant… ce qu'elle observe et « écoute », ce sont les premiers signaux de la vie psychique et archaïque du bébé dont l'existence ou l'absence sont de la plus haute importance pour l'avenir; c'est leur inscription ou leur retrait dans le corps souffrant de l'enfant qui sera ce qu'elle appelle « le langage des bébés »; il y a des bébés qui parlent, communiquent leurs émotions et sensations à l'aide d'un regard, d'un mouvement du corps, répondant aux sollicitations vocales de l'analyste, une communication s‘établit, et il y a ceux qui se taisent, ayant parfois trop souffert ou n'ayant personne à qui « parler », c'est là son « urgence ». En effet, notre expérience de la clinique de l'autisme infantile et surtout celle de l'auteur, nous a appris qu'il y a là urgence à réanimer psychiquement