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Le mérite historique du livre d'Alexandre Etkind sera, malgré l'auteur, de montrer qu'il y a bien eu une cassure dans le cours de la Révolution russe. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de continuité entre la période où Trotsky était au pouvoir et celle de Staline. La reconnaissance de cette discontinuité n'est pas une justification d'un geste révolutionnaire qui, par nature, n'en a pas besoin. Elle n'est nécessaire que pour mieux situer la perspective historique.
Le terme de totalitarisme, utilisé par l'auteur, après bien d'autres, ne permet pas de rendre compte d'un phénomène révolutionnaire vaincu, même si son ombre donne encore des sueurs froides aux contre-révolutionnaires staliniens qui tentent, avec un certain succès apparent, l'aide occidentale en prime, de se transformer en homme d'affaires après avoir été des hommes de tortures.
Plus de soixante ans de mensonges staliniens contre le principal artisan de la Révolution russe de 1917, son dirigeant le plus charismatique, son chef de guerre le plus prestigieux ont recouvert la richesse de la réalité multiforme de la vie sociale et intellectuelle de cet immense pays qu'est la Russie. On ne peut soulever le voile de cette espérance révolutionnaire sans rencontrer Trotsky et son action stimulante en faveur du développement de l'esprit et de ses multiples manifestations2.
L'ouverture récente des archives soviétiques a permis de découvrir l'existence d'un mouvement psychanalytique consistant, créatif, investi dans une pratique clinique diversifiée.
Les découvertes d'Etkind vont à contre-courant de l'idéologie actuelle du milieu psychanalytique qui voudrait que les marxistes en général et les Bolcheviks