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Ce numéro est essentiellement consacré à l'examen des « névroses de comportement », entité nosographique issue de la théorie de l'économie psychosomatique de P. Marty et qui désigne des pathologies caractérisées par le recours prévalent à la voie comportementale comme modalité de régulation des excitations, voie considérée comme hiérarchiquement intermédiaire entre mentalisation et somatisation.
M. Aisenstein ouvre la discussion en proposant de reformuler cette notion, dont elle conteste à juste titre l'appartenance au champ des névroses, puisqu'il s'agit de modes de fonctionnement où règne, au lieu du jeu psychique, « l'opaque violence de l'acte ». Tout en rendant hommage aux recherches en psychosomatique qui ont permis la mise en évidence de formes cliniques nouvelles, elle souligne que la théorisation de celles-ci reste subordonnée aux choix métapsychologiques préalables. Ainsi, la pauvreté des investissements objectaux, l'accrochage au sensorio-perceptif, l'anesthésie des sentiments, l'absence de différenciation topique (pas de Surmoi, ni de pare-excitation, ni de préconscient « filtrant »), le discours purement informatif sans associativité, l'utilisation d'un « narcissisme de comportement » défensif par rapport à la passivité, la décharge directe des tensions pulsionnelles à travers des actes éventuellement délictueux, la violence et la crudité des rêves mal différenciés de la réalité, enfin l'angoisse diffuse sous forme d‘état d'alerte permanent avec perception aiguë des états psychiques d'autrui résultent, selon la théorie moniste de P. Marty, d'une « agénésie structurale », d'une « inorganisation primitive où l'inconscient reçoit en direct mais n‘émet pas ». A cette conception étiologique purement déficitaire, l'auteur