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Dans ce numéro, nous nous proposons d'aborder le masculin qui a peu fait l'objet de travaux ces dernières années. Ceci chez le patient comme chez l'analyste et ce dans les deux sexes. Si la place du père a été tenue pour essentielle dans la construction psychique, si l'homosexualité psychique a fait l'objet de nombreuses études, l'identité masculine semble en crise. En est-il de même dans la pratique quotidienne, celle de la cure et de ses aléas, comme dans le corpus théorique qui la sous-tend ? Est-il pertinent de tenter un parallèle avec le registre socio-culturel où le masculin, dévalorisé, se réduit au « machisme » par une sorte d'utilisation en retour et superficielle de l'abord psychanalytique ?
Le masculin semble omniprésent dans l'œuvre de Freud, depuis ses recherches premières sur l'anatomopathologie jusqu'à l'Abrégé, en passant par les multiples déclinaisons de la dualité pulsionnelle. Cependant, si les indications restent éparses, elles concernent bien les deux sexes et sont centrées autour du rapport du masculin avec l'activité. Dans son article de 1920, « Sur la psychogenèse d'un cas d'homosexualité féminine », Freud écrit : « Quant à l'essence de ce que, au sens conventionnel ou au sens biologique, on nomme “masculin” ou “féminin”, la psychanalyse ne peut l'élucider; elle reprend à son compte les deux concepts et les met à la base de ses travaux. Si l'on tente de les ramener à des principes plus originaires, la masculinité se volatilise en activité et la féminité en passivité, ce qui est trop peu. »
L'acte fondateur de la psychanalyse, l'auto-analyse et l'interprétation des rêves, s'inscrit après la mort de Jacob Freud, donnant une valeur originaire à l'identification primaire au père dans les deux sexes et au meurtre du père primitif par les frères de la horde, pour le développement de l'homme et de la civilisation.