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Guy Laval est psychiatre et psychanalyste. Il a appartenu au mouvement lacanien, comme au mouvement communiste (maoïste, semble-t-il). ll s'est éloigné de l'un et de l'autre, de ce qu'il perçoit aujourd'hui de « totalitaire » en l'un et en l'autre. Mais, à l'inverse de ceux qui ont pris des virages à 180° et brûlent ce qu'ils ont adoré, il éprouve le besoin d'une réflexion, d'une élucidation, de ce qui conduit des gens « normaux », des gens comme nous, à embrasser des causes fanatiques, ou à les embrasser fanatiquement. Autant dire que si c'est à partir d'une expérience vécue qu'il conduit sa réflexion, celle-ci ne manque pas d'actualité. Car il s'agit aussi bien de comprendre la montée du lepénisme aujourd'hui, ou les ravages d'un certain islamisme.
En 1980-1981, lors de la dissolution de l'École freudienne (lacanienne) de Paris, il a été atterré par les éclats d'une haine mortifère. Comment la théorie, sise au niveau idéel, voire idéal, pouvait-elle, peut-elle déclencher une telle haine, qu'est-ce qui lui donne un tel pouvoir de destruction? s'interroge-t-il. Il s'agit bien d'une pathologie de l'idéal, telle que la réaction à la perte de ce dernier ne connaît qu'une alternative : la dépression et le désespoir, ou la diabolisation de l'idéal autrefois tant aimé. Avec la même véhémence qu'autrefois pour dénoncer les « révisionnistes » du PC, les maos « retournés » dénoncent aujourd'hui la gauche, même non communiste, et se font les partisans d'un capitalisme sauvage. « En somme on passe de l'idéalisation à la fécalisation de Marx, de Marx bravo à Marx caca, sans que cela fasse apparemment problème (…). Il semble