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« A qui doit-on la vie ?
A qui doit-on la mort?
Au cœur de ce familier, étrange et insolite, n'y a-t-il pas un insolvable, un incontournable du transfert ? »
Telles sont les questions essentielles, pivots de la réflexion de Jacqueline Miller dans ce livre, où le négatif est essentiellement le caché, le latent à découvrir, le virtuel, qui doit passer de la réalité psychique à la scène analytique. Le titre d'ailleurs nous signale, avec le pluriel des transferts, que nous aurons essentiellement à faire avec le premier Freud (le Urfreud, comme il y a un Urfaust), le Urfreud qui est celui de la découverte et de la curiosité infantile.
Jacqueline Miller poursuit depuis quelques années ses réflexions sur le transfert et le contre-transfert - la mémoire pour deux - notamment à partir de l'imagerie naissant en l'analyste, ce qu'elle compare à la prise des images photographiques, en négatif, d'un point de vue statique, et surtout au déroulement d'un film cinématographique, ce qui permet de rendre compte du mouvement de la pensée, et de la multiplicité des plans de représentation.
Ce faisant, elle est fidèle à la métaphore photographique que Freud avait lui-même proposée comme image de la répétition des transferts, mais elle l'enrichit de toute la dimension contre-transférentielle qu'il avait laissée à l'état d'ébauche. En d'autres termes elle nous introduit dans la chambre noire, la