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La psychanalyse, science de l'esprit, n'a jamais cessé de s'intéresser au corps dans son rapport à la vie mentale. Dans ce 20e numéro du Journal de la psychanalyse de l'enfant, dont on ne peut que le féliciter pour la place qu'il a su se faire en cette décennie d'existence, il est justement question d'articles consacrés au corps. Il s'agit d'un corps écouté par ce qu'il donne à faire sentir dans la cure, dans les mots, les jeux, les symptômes des petits patients.
Certes, Freud lui-même a été attentif au corps dès la fondation de sa discipline, il en arrivera à souligner que « le moi est avant tout un moi corporel ». C. Geissmann tient à le rappeler dans son éditorial. Cependant, le passage du corps au psychisme et leurs relations ont été et restent un champ d'investigation insuffisamment élucidé, ce qui en fait un terrain de recherche théorique pour toutes les disciplines de l'esprit, psychanalyse comprise. Or, plusieurs théoriciens de la psychanalyse se sont attelés à cette question, proposant divers modèles : on pense entre autres à Winnicott, à Bion, auxquels il est fait abondamment référence dans ce numéro.
Mais, qu'en est-il actuellement de cette question du côté des analystes d'enfant?
La variété des articles repris dans ce numéro nous signale que c'est par plusieurs portes d'entrée que la question peut être abordée. Une première porte est celle, théorique, de l'article d'ouverture de D. Houzel qui traite de la thématique corps-esprit en général. C'est un texte à caractère historique qui souligne la place centrale du corps dans la métapsychologie : sur la base de la théorie de l'étayage et des zones érogènes, de celle du narcissisme et de la relation d'objet. Après ces rappels, Houzel en vient à une proposition plus personnelle visant à sortir des effets des conceptions cartésiennes qui ont donné lieu à la vision ontologique